Paris-Roubaix : l'Enfer du Nord tient sa nouvelle légende
Échappé à 60 kilomètres de l'arrivée sous une pluie battante, il a écrasé les pavés comme peu l'ont fait avant lui. Récit d'un numéro d'anthologie.
Il y a des victoires, et il y a des numéros. Ce dimanche, sous une pluie glaciale qui a transformé les pavés du Nord en patinoire, le peloton a assisté à l'un des plus grands exploits de l'histoire récente de Paris-Roubaix : 60 kilomètres d'échappée solitaire, conclus avec plus de trois minutes d'avance.
L'attaque que personne n'a vue venir
Tout s'est joué dans la tranchée d'Arenberg. Alors que les favoris se surveillaient, il a placé une accélération sèche à la sortie du secteur, profitant d'une chute massive qui venait de scinder le peloton. En dix kilomètres, l'écart est passé de 15 secondes à une minute trente.
« Dans l'oreillette, on me criait de gérer. Mais gérer sur Roubaix, ça n'existe pas. Soit tu roules, soit tu doutes », racontera-t-il, couvert de boue, dans le vélodrome.
Derrière, la poursuite s'est désorganisée : crevaisons en cascade, alliances de circonstance impossibles et une pluie qui redoublait à chaque secteur pavé. L'écart n'a plus jamais baissé.
Dans l'histoire des classiques
- 60 km d'échappée solitaire, la plus longue victorieuse depuis 2010
- 3 min 12 s d'avance à l'arrivée au vélodrome
- Moyenne de 44,2 km/h malgré la pluie, un exploit sur les pavés
À 25 ans, il rejoint le cercle très fermé des coureurs ayant gagné deux Monuments avant leur 26e anniversaire. Les pavés du Nord ont couronné les plus grands ; ils viennent d'adouber leur nouvel héritier.
À propos de l'auteur
N. Manzara
Rédacteur en chef
Journaliste sportif passionné depuis plus de dix ans, N. Manzara décrypte l'actualité du football, du basketball et des sports mécaniques avec un œil tactique affûté.